Le bonheur temporaire vs. la joie permanente

Par GCI Weekly Update, le 17 juin 2015 sous From the President

Chers frères et sœurs,

J'ai ri à haute voix lorsque j'ai vu cette formule scientifique à propos du bonheur dans un article de la revue [1] Psychology Today:

Bien qu’en voyant cette formule plutôt absurde cela m'a apporté un bonheur momentané, cela ne m'a pas apporté la joie durable. Ne vous méprenez pas ; j'aime un bon rire autant que n'importe qui, c'est pourquoi j'apprécie cette affirmation de Karl Barth: « Le rire est la chose la plus proche de la grâce de Dieu. » Mais bien que le bonheur et la joie puissent nous amener à rire, il y a une distinction importante entre eux — une différence que j'ai vécue il y a plusieurs années, lorsque mon père est décédé. Évidemment, je n'étais pas heureux du décès de mon père, mais j'étais calme et encouragé par la joie que j’éprouvais sachant qu'il ressentait une nouvelle proximité avec Dieu dans l'éternité. La pensée de cette glorieuse réalité continue à me donner de la joie.

Selon les traductions, la Bible utilise les mots heureux et le bonheur environ 30 fois, tandis que la joie et la réjouissance apparaissent plus de 300 fois. Dans l'Ancien Testament, le mot hébreu śāmâ (traduit par réjouissance, joie et content) est utilisé pour couvrir un large éventail d'expériences humaines : la sexualité, le mariage, la naissance d'enfants, la récolte, la victoire et boire du vin (Cantique des cantiques 1:4 ; Proverbes 5:18 ; Psaume 113:9 ; Ésaïe 9:3 et Psaume 104:15). Dans le Nouveau Testament, le mot grec chara est utilisé principalement pour exprimer la joie dans l’œuvre rédemptrice de Dieu, l'avènement de son Fils (Luc 2:10) et la résurrection de Jésus (Luc 24:41). En lisant le Nouveau Testament, nous voyons que le mot joie est plus qu'une émotion ; c’est une caractéristique d’un chrétien, le fruit produit par le travail interne du Saint-Esprit.

Nous sommes familiers avec la joie comme étant le résultat de bonnes choses telles que nous pouvons le voir dans les paraboles de la brebis perdue, de la pièce perdue et du fils perdu (Luc 15:2-24). Ici, la figure centrale représentant Dieu le Père est décrite comme se réjouissant au cours de la récupération et de la réconciliation de ce qui a été « perdu ». L'Écriture nous apprend aussi que la vraie joie n'est pas affectée par les circonstances y compris la douleur, l’agonie et la perte. La joie peut être le résultat de la souffrance pour l’amour de Christ (Colossiens 1:24). Jésus lui-même a expérimenté une grande joie en faisant face à la terrible souffrance et à la honte de la crucifixion (Hébreux 12:2).

Beaucoup d'entre nous ont ressenti la vraie joie de connaître la réalité de l'éternité, même lorsque nous avons dû dire au revoir à un proche. Ceci est vrai parce qu’il y a une relation qui ne peut être brisée entre l'amour et la joie. Nous le voyons dans les paroles de Jésus alors qu'il résuma ses enseignements à ses disciples: «Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. C’est ici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jean 15:11-12). Alors que nous grandissons dans l'amour de Dieu, ainsi notre joie grandit. En fait, tous les fruits du Saint-Esprit se développent en nous alors que nous grandissons dans l'amour.

Paul nous aide à comprendre la différence entre le bonheur et la joie dans sa lettre à l'église de Philippes, qu’il a écrite durant son emprisonnement à Rome. Dans cette lettre, il a utilisé les mots joie, réjouissance et joyeux 16 fois. J'ai visité plusieurs prisons et cellules et vous ne trouvez généralement pas de gens heureux dans ces endroits. Pourtant, Paul a trouvé la joie alors qu’il était enchaîné en prison, ignorant s'il allait vivre ou mourir. En raison de sa foi en Christ, il était satisfait - à travers les yeux de la foi, Paul a vu sa situation d’une manière entièrement différente de ce que la plupart des gens ne le feraient. Notez ce qu'il a écrit:

Je veux que vous sachiez, frères, que ce qui m’est arrivé a plutôt contribué aux progrès de l’Évangile. En effet, dans tout le prétoire et partout ailleurs, nul n’ignore que c’est pour Christ que je suis dans les liens, et la plupart des frères dans le Seigneur, encouragés par mes liens, ont plus d’assurance pour annoncer sans crainte la parole (Philippiens 1 :12-14).

Ces puissantes paroles provenaient d'une joie intérieure que Paul ressentait malgré sa situation. Il savait qu’il était en Christ, et ce que Christ était en lui. Il a écrit:

Ce n’est pas en vue de mes besoins que je dis cela, car j’ai appris à être content de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout, j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie (Éphésiens 4 :11-13).

Nous pouvons résumer la distinction entre le bonheur et la joie de bien des façons. En voici trois:

• Le bonheur est temporaire — souvent momentané ou est le résultat d’un contentement à court terme. La joie est éternelle et spirituelle, s’appuyant sur qui est Dieu et ce qu'il a réalisé, ce qu’il fait et ce qu’il fera encore.

• Parce que le bonheur dépend de nombreux facteurs, il est éphémère et il ne peut être approfondi ou venir à maturité. La joie mûrit alors que nous grandissons en relation avec Dieu et avec les autres.

• Le bonheur provient d’événements externes temporaires, d’observations et d’actions. La joie se trouve en vous et provient de l’œuvre du Saint-Esprit.

Parce que Dieu nous a créés pour être en communion avec lui, rien d'autre ne peut satisfaire nos âmes et nous apporter une joie durable. Par la foi, Jésus vit en nous et nous en lui. Parce que nous ne vivons plus pour nous-mêmes, nous sommes en mesure de nous réjouir dans toutes sortes de circonstances — même dans la souffrance (Jacques 1:2), à laquelle nous nous associons avec Jésus qui a souffert pour nous. Malgré sa grande souffrance en prison, Paul a écrit ceci: « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. Je le répète : réjouissez-vous! » (Philippiens 4 :4).

Jésus nous a appelés à une vie de don de soi au nom d'autrui. Il y a un grand paradoxe dans cette vie: « celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi, la retrouvera » (Matthieu 16:25). En tant qu'êtres humains, nous passons souvent des heures ou même des jours sans trop réfléchir à la gloire de Dieu, à son amour et à sa sainteté. Mais je suis sûr qu'une fois que nous verrons Christ dans toute sa gloire, nous nous frapperons la tête en disant: « Comment ai-je pu accorder autant d'attention à autres choses? »

Nous ne voyons pas encore Christ aussi clairement que nous le voudrions ; nous vivons dans des bidonvilles, pour ainsi dire, et il est difficile d'imaginer des lieux où nous n'avons jamais été. Nous sommes trop occupés à essayer de survivre dans le bidonville plutôt que de s'attacher à la gloire de Dieu (voyez notre article La Joie du Salut au site www.gci.org/gospel/joysalv).

La joie de l'éternité nous permet de percevoir les misères de cette vie comme étant des occasions pour recevoir la grâce et pour connaître et faire confiance à Dieu de manière plus profonde. Nous apprenons encore plus à apprécier les joies de l'éternité après que nous ayons eu à lutter avec le péché et avec les difficultés de cette vie. Nous allons apprécier encore plus nos corps glorifiés après que nous ayons éprouvé les douleurs de nos corps physiques. Je crois que c'est pour ça que Karl Barth a dit ceci: « La joie est la forme la plus simple de la gratitude. » Nous pouvons être reconnaissants que la joie présentée devant Jésus, qui lui a permis de supporter la croix, nous est également présentée.

En étant joyeusement reconnaissant,

Joseph Tkach

[1] “The Happiness Equation,” Psychology Today, 22 Août 2014,

www.psychologytoday.com/blog/neuronarrative/201408/the-happiness-equation

As T. F. Torrance puts it: “The constant and ceaseless out-flow of the Love of God which has no other reason for its movement than the Love that God is, is therefore [poured out] entirely without respect of persons and irrespective of their reactions” (Christian Theology and Scientific Culture, p. 84).