Communion Internationale dans la Grâce, Canada Octobre 2013


Après la brève introduction du pianiste, nous avons entonné : « Ce monde appartient à mon Père ». Nous avons cependant dû nous arrêter. En effet, quelqu’un s’est écrié : « Arrêtez! Comment ce monde peut-il appartenir au Père tout en étant rempli de tant de mal et de souffrance? »

Le compositeur du chant avait peut-être une réponse à cette question. Au troisième couplet, il a écrit : « Ce monde appartient à mon Père; Ne me laisse pas oublier que même si le monde semble si fort, Dieu en est le souverain. » Un autre fidèle a demandé : « Si Dieu règne, comment se fait-il que le mal soit si répandu? Si Jésus est Seigneur, Romains 10:9, il est certain que le mal ne devrait pas autant dominer? »

La dernière partie du couplet fournit une réponse : Le monde appartient à mon Père, le combat n’est pas terminé; Jésus, qui a donné sa vie, sera satisfait, et la terre et les cieux ne feront qu’un. » Pourtant, une troisième personne a demandé : « Si Jésus a vaincu les puissances, Colossiens 2:15, comment se fait-il qu’un combat fasse encore rage? Quelle lutte reste-t-il à remporter? »

Bien, tout d’abord, il s’agit d’une bataille de foi, puisqu’en ellesmêmes les questions posées démontrent à quel point il est difficile de croire que le monde appartient au Père alors que le mal est si répandu. Les Juifs également avaient beaucoup de difficulté à croire en Jésus pour la même raison. Il est venu annoncer : « Le règne de Dieu est proche. Changez et croyez à la Bonne Nouvelle » (Marc 1:15b). Pourtant, trois ans plus tard, les Israélites étaient toujours aux prises avec les Romains, les collecteurs d’impôts malhonnêtes, les prêtres cupides. De plus, on faisait du temple un marché, comment pouvaient-ils croire en la Bonne Nouvelle alors que leur monde était encore dans un si grand chaos?

En outre, la réponse de Jésus à cette question était tranchante : « Ah! Hommes sans intelligence! Vous êtes bien lents à croire tout ce que les prophètes ont annoncé » (Luc 24:25). Bien sûr, ils auraient dû croire en la Bonne Nouvelle, disait-il, puisque toutes les prophéties messianiques au sujet desquelles ils avaient prié, qu’ils avaient chantées et enseignées à leurs enfants pendant des siècles ont été accomplies en Christ. Les moindres indices de l’Ancien Testament selon lesquels il était l’Oint, le Christ qui remédierait au chaos et effectuerait une Nouvelle Création étaient visibles et audibles chez lui, pourquoi donc les Juifs n’étaient-ils pas excités au lieu d’êtres « déprimés » (v. 17)?

Deux mille ans plus tard, nous pourrions poser la même question. De fait, comment réagirions-nous si Jésus nous apparaissait aujourd’hui et proclamait : « Repentez-vous et croyez en la Bonne Nouvelle selon laquelle le Père a initié la Nouvelle Création par moi et que depuis deux mille ans le Royaume de Dieu est établi sur terre pour rectifier toutes choses » ? Attends, Seigneur, n’as-tu pas vu le téléjournal hier soir?

« Mais, pourrait-il répondre, des êtres humains ont été témoin de preuves de cette réalité. Rappelez-vous les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs qui ont senti du feu dans leur coeur quand ils ont compris ce que le Père a accompli par moi? » (Luc 24.32).

Le fait est démontré, puisque l’attitude de deux hommes est passée de la négativité totale à la positivité absolue en quelques heures pendant que Jésus leur expliquait par l’Écriture pourquoi Dieu a créé l’univers et une petite planète où vivent des êtres humains, pourquoi il a appelé Abraham, il a délivré sa postérité par le sang de l’agneau et l’a fait sortir d’Égypte, pourquoi Dieu a habité au milieu de son peuple et a établi le système sacrificiel et les sabbats, pourquoi il a formé une nation, fait construire un temple et établi une lignée de rois, pourquoi il a parlé, par la bouche des prophètes, du Messie qui établirait le royaume de Dieu en Israël ainsi que ce qui la souffrance et la mort du Christ accompliraient pour l’humanité entière.

C’est à ce moment que Cléopas et son ami se sont repentis de leur découragement, qu’ils ont cru à la Bonne Nouvelle selon laquelle le monde entier a été racheté et arraché à la puissance du mal et aux empires païens, et enfin, les choses iraient bien.

Ainsi, une fois que l’Évangile leur a été expliqué à partir de l’Ancien Testament, le combat pour leur foi s’est enfin terminé. Et pourtant, ils ont découvert que la victoire n’était pas encore acquise, puisque peu de temps après, Jésus a révélé à ses disciples qu’ils étaient « témoins de ces événements » (v. 48). Il leur tendait les rênes, c’était à eux de convaincre les humains, dans un monde rempli de mal et de souffrance, qu’un monde nouveau s’offrait à eux depuis la résurrection de Jésus d’entre les morts.

De fait, c’était maintenant à eux que revenait la tâche de faire passer leurs contemporains d’une attitude négative à une positive. Mais comment y parviendraient-ils? « Quant à moi, j’enverrai bientôt sur vous ce que mon Père vous a promis », Jésus a promis (v. 49a) – le Saint-Esprit (Actes 1:8). Et l’Esprit les rendrait capables d’êtres des témoins audacieux et efficaces de la Bonne Nouvelle selon laquelle ce monde appartient à Dieu et que Jésus en est le responsable (Actes 28:31).

L’oeuvre de témoignage du Saint-Esprit a commencé par Jésus luimême. Lors de sa première apparition publique, à l’âge de 12 ans, il se tenait alors dans le temple, l’endroit même où le Père résidait sur terre. Le profond désir de Jésus de s’occuper des affaires de son Père l’a conduit à ce lieu (Luc 2:49). Dans le Notre Père, il a explique que le royaume et la volonté de son Père seraient établis et accomplis sur la terre comme dans les cieux (Matthieu 6:10) – le compositeur du chant l'a paraphrasé en écrivant : « que la terre et les cieux seraient un ».

L’Esprit a donné ce désir motivateur à Jésus, pour qu’en tous lieux, dans toutes ses prières et ses paroles, la terre et les cieux soient unis. C’était la raison d’être du temple, mais puisque le but pour lequel ce dernier avait été construit n’a pas du tout été atteint, très tôt, Jésus a clairement démontré ce qui remplacerait le temple d’Israël (Jean 2:19, 21).

Cette nouvelle était la meilleure qui puisse être, car elle garantissait qu’à partir de cet instant, le royaume du Père et le monde des Repentez-vous et croyez Après la brève introduction du pianiste, nous avons entonné : « Ce monde appartient à mon Père ». Nous avons cependant dû nous arrêter. En effet, quelqu’un s’est écrié : « Arrêtez! Comment ce monde peut-il appartenir au Père tout en étant rempli de tant de mal et de souffrance? » humains étaient fusionnés pour n’en faire qu’un. Ainsi donc, notre monde serait véritablement celui du Père. Ultérieurement, les disciples de Jésus se sont repentis et ont cru à la parole de leur maître (v. 22). En outre, leur acte de foi préparait magnifiquement la scène pour l’étape suivante, dans laquelle ils seraient aussi une démonstration de cette réalité.

Comment cela s’est-il produit? Le Saint-Esprit a fait d’eux aussi des temples (1 Corinthiens 3:16-17, 6:19), afin qu’ils soient, comme Jésus, animés du désir de voir le monde du Père et celui des humains devenir un.

Cette réalité a provoqué chez eux une repentance et un renouvellement des pensées importants, comme elle le fait encore de nos jours. De fait, si quelqu’un croit que le royaume de Dieu ne sera établi que dans le futur, que le monde est tellement rempli de mal que nous devrions être enlevés et emmenés tout de suite au ciel pour être en sécurité ou encore qu’il n’est pas utile de tenter d’améliorer le monde puisqu’il sera détruit de toute façon, il a des croyances qui correspondent difficilement avec le fait que la terre appartient au Père et que Jésus nous a donné des témoins qui le prouvent?

Jésus préférerait que nous croyions la Bonne Nouvelle, selon laquelle il transforme notre monde en le royaume du Père sous nos yeux dès maintenant. Il a aussi donné le Saint-Esprit à ceux qui y croient afin que cette réalité s’accomplisse (Actes 5:32). L’Esprit nous procure la puissance, l’amour et le caractère (2 Timothée 1:7) par lesquels nous sommes en mesure de prouver aux autres humains que le Royaume des cieux agit sur notre planète et qu’il fait de la terre et des cieux une seule entité.

Croire en la réalité décrite ci-dessus peut encore faire l’objet d’un combat, car nous constatons que notre monde s’écroule. Les médias pourraient assurément nous faire croire que rien ne va, mais ils ne portent pas attention aux millions de petits temples sur lesquels le Saint-Esprit déverse un torrent inépuisable de vie et d’amour issus des cieux. Par ailleurs, les médias ne font pas état de la façon radicale de vivre la vie humaine que Jésus a vécue et enseignée dans le Sermon sur la Montagne, et que ses disciples vivent et enseignent encore. Ils n’entrent pas non plus en contact avec un des temples du Saint- Esprit où la présence de Dieu est vue et ressentie.

Il semble donc que le mal règne encore, cependant une chose a permis à des contemporains de Jésus de se repentir, de croire à la Bonne Nouvelle et de commencer à vivre positivement dans leur monde de négativité. Cet objet de transformation est une explication claire, à l’aide de l’Ancien Testament, selon laquelle le Messie a, par sa mort, délivré le monde de la puissance du mal et entreprendre une nouvelle une nouvelle création ici-bas.

Quand ils saisissent cette réalité, comme les premiers disciples l’ont fait, les croyants voient le monde différemment, ils comprennent que c’est dans ce monde que les prophéties de l’Ancien Testament concernant la Nouvelle Alliance, la Nouvelle Création et la prise de pouvoir du royaume de Dieu sur ceux du monde s’accomplissaient. Ils sont également perçus à travers de nouvelles lunettes, comme des agents grâce auxquels Jésus réalisait ces prophéties, c’est pourquoi ils pouvaient aller dans le monde « ouvrir les yeux et les faire passer des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan à Dieu » (Actes 26:18).

Cependant, ils devaient avant tout se repentir et croire en la Bonne Nouvelle selon laquelle grâce à la mort de Jésus, les ténèbres du monde deviendraient véritablement une lumière, que Dieu et non Satan régnait sur notre planète et que la volonté de Dieu serait faite sur la terre comme au ciel. Il ne s’agissait là que du premier combat à remporter, car ils devraient en venir au point où ils deviendraient eux-mêmes les témoins qui prouveraient que ces faits sont réels.

Une fois qu’ils sont devenus des temples, ils pouvaient, tout comme nous maintenant, en être la preuve. De fait, partout, par nos paroles, nos actions et nos prières, nous pouvons réunir la terre et les cieux, tout comme Jésus l’a fait. Comme lui, nous pouvons présenter aux cieux, par nos prières, les besoins terrestres et apporter, par nos actions, les cieux à la terre afin que dans le milieu où nous exerçons une influence, le mal ne soit pas si fort et que le royaume du Père soit vu et ressenti.

Comme le compositeur de l’hymne l’a écrit, ces actions satisfont notre Sauveur : « Jésus qui est mort sera satisfait, la terre et les cieux seront unis. » Le Seigneur est mort afin que notre monde et le royaume du Père deviennent un, cette union est rendue possible par l’action du Saint-Esprit qui rend les croyants capables de réagir comme les deux disciples décrits dans Luc 24. Leur coeur est passé de la négativité à la positivité quand ils ont compris l’Évangile grâce à l’Ancien Testament, et à partir de ce moment-là, ils sont allés dans le monde rempli de mal et de souffrance pour annoncer la nouvelle selon laquelle les cieux et la terre étaient réconciliés, et pour preuve le ciel et la terre devenaient un où ils se trouvaient.

La vérité qui me permet d’adopter une attitude positive dans un monde empreint de négativité est la suivante : Jésus est satisfait par nos petites prières, nos paroles et nos actions qui démontrent que la terre et les cieux sont réconciliés, car c’est la raison d’être des temples de l’Esprit.

Jonathan Buck